Cela n’a pas échappé à Eurofer, le lobby européen de la sidérurgie, qui a salué l’engagement pris dans la proposition de créer un marché pilote pour l’acier vert, mais estime que la Commission n’est pas allée assez loin.
“L’IAA va dans le bon sens, mais la proposition actuelle n’est pas assez ambitieuse pour créer un signal par la demande en faveur de l’acier bas carbone fabriqué dans l’UE”, a déclaré le lobby dans un communiqué. “Sans exigences strictes sur l’origine UE, liées à l’acier initialement fondu et coulé au sein de l’UE, les marchés publics et les programmes de soutien risquent d’être satisfaits par de l’acier importé, ce qui compromettrait les investissements en faveur de la décarbonation en Europe.”
Selon des sources au fait de la position de la Commission sur l’IAA, les quotas européens d’acier vert ont été écartés de la proposition afin d’éviter de provoquer l’administration Trump, qui se focalise parfois sur l’acier, ainsi que l’Inde, qui est un important exportateur d’acier vers l’Union européenne.
Mais certains signes indiquent que la position d’Eurofer gagne du terrain. Dans un projet de compromis diffusé par le Conseil de l’UE et obtenu par POLITICO, les Etats membres proposent de modifier l’IAA afin d’exiger qu’“au moins 25% du volume total d’acier utilisé soit bas carbone et d’origine européenne”.
Même si un compromis peut être trouvé sur la question de l’acier, le Conseil reste profondément divisé sur l’ensemble du texte, selon trois diplomates de l’UE qui ont parlé à POLITICO.
Ce clivage oppose les deux géants économiques de l’Union. L’Allemagne, selon eux, émet d’importantes réserves sur l’IAA, tandis que la France, dont est originaire l’architecte en chef du texte, Stéphane Séjourné, s’est imposée comme l’un de ses plus fervents défenseurs.