“Ça a l’air drôle, mais où sont les filles mignonnes”, rétorque Epstein. Réponse de son correspondant français : “Nulle part… ennuyeux. Il faut vraiment que je vienne te voir.”
Renvoi d’ascenseur
En retour, le financier propose également à Colom de profiter de son réseau. En septembre 2013, Epstein propose par exemple de le convier à un repas avec Ehud Barak, dont Epstein était proche, ou encore avec Joshua Cooper Ramo, qu’il présente comme le ‘bras droit de [Henry] Kissinger.
Au milieu de leurs échanges décousus, tantôt au sujet d’opportunités d’affaires, de voyages ou de montages financiers, apparaissent des propositions plus inattendues. “Tu veux acheter un vignoble à Margaux, j’ai une grosse propriété qui n’attend que toi”, fait miroiter Colom en avril 2014. Quelques mois auparavant, il s’enquiert des recherches de petit personnel d’Epstein : “Je me renseigne pour ta future assistante, mais il faut que tu en embauches une pas trop jolie…”, ose-t-il. Une autre fois, ayant eu vent — par Ariane de Rothschild — de sa quête d’un majordome, il lui suggère le profil d’un homme “qui servait Sarko à l’Elysée”.
Au gré de leurs correspondances se dessine entre les deux hommes une relation allant au-delà de la sphère professionnelle. Dès 2013, ils sont suffisamment proches pour échanger des remarques salaces, comme évoqué plus haut. Leur amitié s’assortit aussi d’un soutien moral et matériel pour Colom lorsque, en 2014, celui qui est alors banquier d’affaires traverse une mauvaise passe sur le plan personnel.
L’ex-diplomate fait part au financier de ses problèmes conjugaux, trouvant chez Epstein une oreille compatissante. “Merde alors [sic], tu es le bienvenu pour venir te reposer sur l’île”, lui écrit ainsi ce dernier. Trois mois plus tard, à en croire leurs échanges, il met à disposition de Colom son chauffeur ainsi qu’un appartement, lors d’un voyage familial de ce dernier à New York.
L’été suivant, en 2015, Colom, manifestement frustré par sa situation financière, demande conseil à Epstein : “Je ne gagne pas assez, j’adorerais venir te voir”, confie-t-il, tout en informant Epstein de son divorce imminent. “Tu peux venir me voir quand tu veux, où tu veux”, je suis toujours disponible pour toi”, le rassure Epstein.
De fait, Epstein aidera manifestement Colom à négocier son départ du groupe Edmond de Rothschild où il officie alors comme secrétaire général jusqu’à début 2016. A l’issue d’intenses échanges, Epstein l’informe en effet le 3 février 2016 qu’Ariane de Rothschild — qui est en copie du mail — est d’accord pour lui accorder une indemnité de départ de 1,5 million d’euros étalé sur plusieurs mois et que Colom est désormais soumis à un accord de confidentialité.
Contacté par différents canaux, Olivier Colom a décliné un échange téléphonique et nous a invités à lui transmettre nos questions par écrit. Il n’a plus donné suite malgré nos relances.