“Si les prix de l’énergie sont élevés, abandonner les principes de l’ETS, c’est comme pisser dans son pantalon : ça soulage à court terme, mais à long terme, on se punit nous-mêmes”, a illustré l’eurodéputée centriste suédoise Emma Wiesner. “Maintenir notre dépendance au pétrole et au gaz est vraiment le moyen le plus efficace de maintenir l’industrie dans un piège de prix élevés et de grandes vulnérabilités.”
Pourtant, le prix du carbone dans l’UE étant le plus élevé au monde, un nombre croissant d’entreprises et de pays affirment que l’ETS désavantage l’industrie du Vieux Continent face à ses concurrents.
L’ETS dans le viseur des leaders européens
Lors du sommet de l’industrie à Anvers mercredi dernier, les chefs d’entreprise ont appelé l’UE à réduire les “coûts du carbone”. Alors qu’Ursula von der Leyen a défendu l’ETS, ceux qui le critiquent ont trouvé un allié inattendu en la personne du chancelier allemand Friedrich Merz.
Friedrich Merz, dont le pays a toujours soutenu la tarification du carbone, a suggéré que l’ETS soit révisé et que certains éléments soient reportés. Il est ensuite revenu sur ses déclarations jeudi à Alden-Biesen, décrivant le marché du carbone comme le “bon outil”, même s’il doit être “réajusté encore et encore” pour s’assurer qu’il continue à fonctionner.
Contacté pour obtenir des clarifications sur ces propos, le service de presse de la chancellerie a répondu que Friedrich Merz avait simplement voulu “lancer un débat”. En cela, au moins, il a réussi : à la suite de ses déclarations, les dirigeants de l’Autriche et de la République tchèque ont lancé de nouvelles attaques contre le prix du carbone. La Pologne a également rédigé une missive demandant à la Commission européenne des mesures visant à assouplir l’ETS.
Les dirigeants ont ensuite débattu de l’avenir de la tarification du carbone à Alden-Biesen. “Certains pays” ont “beaucoup poussé” pour apporter des changements à apporter à l’ETS, relate un diplomate. “A 80 euros, pour certains, c’est un véritable cauchemar.” Un autre diplomate observe que “de nombreux dirigeants commencent à voir les inconvénients du système”. Ces deux sources s’expriment sous couvert d’anonymat pour parler de ces discussions à huis clos.