Alors que certains parmi les 27 espèrent boucler les négociations avant la fin de l’année, Bardella pointe d’ailleurs du doigt le calendrier, qu’il juge pensé exprès pour “verrouiller un budget avant un éventuel changement de majorité en France”. Une façon de faire “profondément anti-démocratique”, selon lui. “Nous rendrons aux Français leur argent”, assure-t-il, prévenant la Commission européenne que si elle veut trouver plus de fonds, il lui faudrait couper dans ses dépenses de fonctionnement.
Alliance polonaise
Si Jordan Bardella avait surpris son monde, au mois de mai, en parlant de ses “convergences idéologiques” avec le chancelier conservateur allemand Friedrich Merz, notamment en matière de contrôle des frontières et d’immigration, il compte surtout faire des autres partis nationalistes européens ses alliés, à commencer par la Première ministre italienne Giorgia Meloni.
En déplacement à Varsovie à la fin de cette semaine, Jordan Bardella rencontrera d’ailleurs des personnalités du parti Droit et Justice (PiS), du président Karol Nawrocki, formation qui se trouve en deuxième position dans les sondages pour les élections parlementaires attendues l’an prochain.“Notre ambition c’est de voir les choses en grand et de construire demain cette nouvelle architecture européenne (…) pour bâtir cette Europe des nations, des coopérations entre Etats”, explique l’eurodéputé RN.
Le président des Etats-Unis, Donald Trump, n’a en revanche officiellement plus les faveurs de Jordan Bardella, qui veut qu’on le sache : “Il a une attitude du lundi, une attitude du mardi, une attitude du mercredi, et en tout état de cause un positionnement qui non seulement est erratique mais qui est extrêmement mouvant et changeant (…) Son devoir de puissance, c’est aussi de remettre de l’équilibre, de la raison et de la modération dans ces grands débats”, explique-t-il, accusant Washington de se considérer à nouveau comme “un empire”, en particulier depuis que la Maison-Blanche a remis au goût du jour la doctrine Monroe.
Le président du RN précise par ailleurs que ni lui ni Marine Le Pen ne sont demandeurs d’un quelconque soutien de la part de Trump pour la prochaine élection présidentielle. “Nous ne cherchons que le soutien des électeurs français”, assure-t-il, alors que le chef de l’Etat américain a tenté d’influencer les élections en Hongrie, en Pologne et en Argentine.
L’intégralité de notre interview est à retrouver ci-dessous, en vidéo.