Alors qu’AggregateEU a depuis été absorbé dans un ensemble plus large d’outils, la Commission cherche à étendre ces derniers pour “faciliter la coordination de l’action de l’UE auprès des fournisseurs de pétrole et de gaz et des pays partenaires ayant des profils d’importation d’énergie similaires”, est-il indiqué dans une déclaration prérédigée qui devrait être prononcée cette semaine et que POLITICO a pu consulter. Ce, en “mobilisant pleinement” les plateformes qui ont succédé à AggregateEU, qui comprennent des espaces de coordination des achats d’hydrogène et de matières premières.
Cela signifie que la nouvelle plateforme devrait également permettre de renforcer la coordination des achats de pétrole, dans un contexte d’inquiétude croissante concernant l’approvisionnement en kérosène. La Commission s’efforcera également “d’intensifier la coopération internationale afin d’accroître l’approvisionnement depuis les pays voisins et via le réseau d’accords commerciaux de l’UE”, peut-on lire encore.
L’objectif est de “disposer d’un pouvoir de négociation sur l’Asie”, explique une personne au fait de la position de la Commission, qui a requis l’anonymat parce qu’elle n’est pas autorisée à s’exprimer publiquement.
Un outil critiqué
Mais relancer des achats coordonnés pourrait s’avérer controversée. Dans sa première version, AggregateEU avait été largement critiquée, les opposants réclamant des données plus transparentes et remettant en question l’affirmation de la Commission selon laquelle le système avait été largement utilisé. D’autres ont fait valoir que l’ingérence de l’UE pourrait bouleverser des chaînes d’approvisionnement sous tension et que des négociations bilatérales entre des acteurs du marché bien établis étaient plus efficaces.
La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a détaillé début avril que la plateforme avait permis d’agréger 90 milliards de mètres cubes d’achats de gaz et de mettre en correspondance 77 milliards de mètres cubes de demande pour l’UE depuis 2023, mais le flou demeure quant au fait de savoir si ces chiffres reflètent des achats effectivement réalisés.
Ursula von der Leyen a elle-même reconnu que la plateforme avait besoin d’être retravaillée. “Nous ne partons pas de zéro avec cette coordination dans le secteur de l’énergie, mais nous pouvons faire plus et mieux.”