Le Canada futur “membre associé” de l’UE ? Les gouvernements européens pris au dépourvu par Ursula von der Leyen – POLITICO

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“Personne ne sait vraiment ce que cela signifie”, pointe l’un de ces diplomates, qui a participé ces derniers jours à des discussions avec la Commission au sujet des relations avec le Canada. “Les Etats membres ont tenté de tempérer les attentes. Ottawa suscite beaucoup de sympathie, mais nous devons connaître les détails.”

Un deuxième diplomate s’est exprimé sans détour : le Canada pourrait au mieux se voir proposer l’équivalent d’une zone de libre-échange approfondi et complet (ZLEAC) — un dispositif donnant accès au marché européen, dont profitent la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine —, car il y a peu de soutien pour une autre forme d’intégration économique ou politique. “Les Etats membres ne s’accorderont sur rien d’autre”, anticipe-t-il.

Un troisième diplomate a ajouté que tout statut de membre associé nécessiterait des modifications des traités fondamentaux de l’UE — ce qui est “impossible”, car le nombre de soutiens est insuffisant.

Un processus qui soulèverait un tas de questions

Parmi les problèmes potentiels qui pourraient surgir s’ils envisageaient d’aller plus loin, selon les diplomates, figurent : des questions épineuses liées à la préférence d’Ottawa pour le made in Canada, qui pourrait aller à l’encontre des règles du marché unique ; l’industrie sidérurgique canadienne, qui rivalise avec celle de l’Europe ; la taxation des exportations automobiles de l’UE et les règles limitant les importations d’alcool européen ; ainsi que des positions divergentes concernant les OGM.

Le chancelier allemand Friedrich Merz avait précédemment proposé le statut de “membre associé” comme moyen d’approfondir le rapprochement avec l’Ukraine, mais cette idée a été rejetée par Kyiv et n’a pas réussi à rallier le soutien des autres dirigeants européens.

Les ambassadeurs de l’ensemble de l’UE ont rencontré la Commission et le Conseil européen la semaine dernière, où ils se sont globalement mis d’accord sur l’idée de resserrer les liens avec le Canada. Et même ceux représentant des gouvernements de droite, habituellement plus prudents par crainte de s’attirer les foudres du président Donald Trump, alors qu’Ottawa est engagé dans une guerre commerciale de plus en plus intense avec les Etats-Unis.